REGARD SUR LA PRESSE - Alain Duhamel, le délit d'opinion

Publié le par Stéphane Canu

Je ne l'apprécie pas particulièrement même si je reconnais qu'il est très pertinent. Mettre à pied Alain Duhamel parce qu'on découvre sur un document amateur qu'il envisage de donner sa voix à Bayrou me scandalise. Je dois bien l'avouer. Depuis quand pense-t-on qu'un journaliste est une espèce de machine qui glane l'info mais qui est totalement déconnecté des réalités du pays dans lequel il vit ? A nouveau, non, un journaliste n'est pas objectif; oui, il a ses propres opinions; non, cela ne l'empêche pas de faire son travail avec intégrité... Récemment, un élu de la ville où je travaille me soupçonnait d'avoir une carte au PCF tout simplement parce que j'avais interrogé à plusieurs reprises un élu communiste et qu'il se sait que nous nous apprécions... Drôle de raccourci. Totalement erroné et déplacé. Je ne peux m'empêcher de me dire que si on met à l'écart Duhamel pour avoir affiché ses opinions, on pourrait agir de la même manière avec tous les journalistes et les écarter ainsi au moment où on a le plus besoin d'eux, c'est-à-dire pendant la campagne pour l'élection présidentielle. Alors July, dont on a une petite idée des penchants, dehors ? Toute la presse d'opinion, dehors ? FOG, Le Hyaric... dehors ? Non ce n'est pas sérieux. Surtout quand on entend Arlette Chabot justifier la mise à l'écart de Duhamel alors qu'il y a quelques semaines, on l'a vue se jeter sur un plateau de France 2 dans les bras de Copé... Je reste dubitatif.

Publié dans journalistenormand

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oim 21/02/2007 14:53

Qu'a donc fait de si grave l'éditorialiste pour se voir ainsi privé d'expression en pleine campagne présidentielle ? S'est-il servi de son pouvoir médiatique pour en tirer un quelconque profit personnel ? A-t-il diffamé publiquement un candidat ? Non, rien de tout cela, il a juste confessé une sympathie pour François Bayrou, et selon la direction du service politique de France Télévisions, cela suffit visiblement à lui ôter toute crédibilité. On touche là du doigt un problème de fond : pourquoi un journaliste, éditorialiste politique qui plus est, devrait à tout prix cacher ses opinions ? Son soutien à François Bayrou fait-il automatiquement d'Alain Duhamel un vendu, un malhonnête ? Il devient insupportable de voir se multiplier les procès d'intention qui font qu'on juge des journalistes non pas sur leurs compétences et leur honnêteté, mais sur leurs choix privés. Bien sûr, Alain Duhamel aurait mieux fait de garder ses opinions intimes pour lui, mais le suspendre ainsi revient à l'accuser "par principe" de vouloir utiliser sa position pour influer sur le vote. C'est lui faire à la fois beaucoup d'honneur et une grande insulte. Car oui, le citoyen Duhamel vote Bayrou, mais le journaliste reste avant tout un professionnel, et c'est ce professionnalisme qui est ainsi bafoué. Cette suspension me laisse encore plus perplexe quand on considère les récentes sorties scandaleuses de Pascal Sevran. On ne peut constater qu'une chose : aujourd'hui, pour le service public, il est plus "respectable" de vouloir stériliser les Noirs que de vouloir faire son métier de journaliste tout en ayant des opinions personnelles.

edouard lefevre 21/02/2007 14:24

c'est grotesque, de tte façon tt journaliste est aussi un citoyen et a donc une opinion... cela s'appelle de la censure