Micro-trottoirs : info ou bouche-trou ?

Publié le par Stéphane Canu

Bertrand X, 24 ans, étudiant à Rennes a droit à sa petite photo. Il a aussi l'occasion de dire tout le mal qu'il pense du CPE. Pour autant, il a des examens à préparer et le CPE, il en a entendu parler mais il ne sait pas trop de quoi il s'agit. En fait, il s'en fout mais il veut bien en parler quand même… Pfff ! Nos journaux multiplient ces dernières années les micro-trottoirs. Certes, une petite galerie de photos remplit bien l'espace. Cependant, ces éclairages apportent-ils des éléments supplémentaires ? Sont-ils réellement représentatifs de ce que pensent les Français du CPE par exemple ? Pas sûr. En tout cas, c'est certain, Bertrand X va acheter le journal au moins une fois… Histoire de conserver un petit souvenir.

Publié dans journalistenormand

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CTT 16/03/2006 12:51

J'ai pas dit bien ou mal entendue, mais la manière dont elle a été perçue : quels éléments d'infos sont passés prioritairement, quel effet cela a produit chez les gens, etc. C'est pas pareil…potiron potiron (et oui, toujours une connerie, c plus fort que moi)

journalistenormand 16/03/2006 12:25

Je suis absolument d'accord avec toi. Tous les sujets ne peuvent pas être prétextes à un micro-trott. D'ailleurs, le journal Le Parisien — qui, convenons-en, devient une référence — accompagnait chaque jour son Fait du jour d'un micro-trott. Ils ont supprimé cette démarche systématique pour désormais utiliser le micro-trott pour des sujets dans lequels M. Tout-le-monde est véritablement acteur. Cependant, je ne crois pas que le micro-trott puisse nous permettre de jauger si l'information a bien été entendue par le lecteur. L'échantillon choisi — souvent au hasard — ne me semble que très rarement représentatif et ce constat doit s'inscrire dans une démarche de cuisine interne car si l'info est mal perçue, c'est que les professionnels n'ont pas visé juste dans la manière de la transcrire, de la mettre en scène, enfin, de la diffuser.

CTT 16/03/2006 12:10

D'accord avec toi… mais pas toujours. Prenons trois exemples : Mme Michu qui nous dit ce qu'elle pense de la mort de Milosevic, efecitvement elle n'en sait rien, s'en fout royalement et son avis n'a aucun intérêt. Autre cas, Mme Michu est interrogée sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, et là c'est un sujet qui la touche directement dans sa vie quotidienne (qu'elle soit fumeuse ou non, elle a forcément un avis personnel sur la question). Elle est même beaucoup plus concernée que les médecins ou parlementaires qu'on interroge en général, son avis a une vraie valeur et sera garanti 100% sans politiquement correct, contrairement aux gens précédemment cités… S'intéresser à ce que les gens pensent de ce qu'on s'apprête à décider pour eux, c'est, allez employons un grand mot… la démocratie.Troisième cas, beaucoup plus complexe : le CPE. Effectivement, MmeMichu ne maîtrise surement pas toutes les finesses du dossier et elle n'en sait que ce qu'on lui dit à la télé. Mais c'est aussi à ça que peut servir un micro-trott : voir comment les gens ont perçu l'information qui leur a été livrée…Le vrai problème, c'est pas le micro trott en lui-même qui peut à mon avis être intéressant, c'est l'utilisation qui en est faite. Dans 90% des cas , nos journaiux, à commencer par le tien, désolé, font ça n'importe comment, juste pour que deux pleu-pleu aient leur trombine dans le journal. C'est nul et je dirais même un crime contre le journalisme. C'est massacrer un exercice. C'est comme si demain on faisait des interviews croisées de gens qu'ont rien en commun, ou des portraits de gens sans saveur. Bref, c'est du… je donnerai pas le nom, juste les initiales : P… allez t'as deviné ?